Dans cette vidéo, Cheikh Jamel Tahiri revient sur les sujets de la semaine dernière, qui ont suscité de nombreuses recherches et interrogations, en y apportant d’autres versets et arguments coraniques.

Il commence par revenir sur l’histoire de Moïse et de son frère Haroun en insistant sur un verset qu’il avait évoqué, la semaine dernière et qu’il voudrait développer aujourd’hui.

Il nous explique, également comment lire les histoires des Prophètes (p) telles qu’elles sont révélées dans le Coran et non comme racontées dans l’histoire officielle ou les hadiths (récits), afin de ne pas biaiser notre compréhension.

C’est à partir de cette base coranique que nous pouvons construire notre réflexion menant à la connaissance de Dieu et arriver, alors vers une voie n qui nous permettra de découvrir l’expérience des Prophètes (p).

Notre foi est celle du Messager de Dieu (p), qui est le summum, l’Islam est la religion du cœur.

Puis, revenant au récit de Moïse, Cheikh Jamel Tahiri rappelle qu’au premier abord, l’histoire peut paraître simpliste si nous la lisons de manière superficielle. Mais en réalité, il n’en est rien, bien au contraire, et nous ne devons pas nous limiter dans la lecture que nous en faisons afin de découvrir les joyaux que recèle cette histoire ainsi que tous les récits du Coran.

Nous sommes donc au moment où Moïse mène les enfants d’Israël vers le « Balad el Amin » (La Cité sure, bénie) après les avoir libérés du joug de Pharaon et il part pour sa rencontre avec Dieu, pendant 40 jours.

C’est à ce moment là qu’il demande à voir son Seigneur, ce qui est loin d’être une demande puérile, car Moïse est un « chercheur », qui a déjà un Haut degré de foi et a vécu de nombreuses expériences spirituelles.

Sa demande ne remet pas en cause sa foi, au contraire il souhaite s’approcher davantage de Dieu, et aimerait Le voir d’une Vision autre que celle demandée par les enfants d’Israël.

Comme déjà vu lors des analyses précédentes, Cheikh Jamel Tahiri rappelle que les versets expliquent que nous ne pouvons pas obtenir cette Vision tant que nous ne nous sommes pas débarrassés de notre ego et dépassé notre moi pour arriver au degré de la « Vision ».

Moïse comprend cela à son réveil de son choc spirituel, raison pour laquelle il se repent.

Ensuite, le Cheikh revient sur le verset coranique qui argumente le mieux le sujet de ce « Nous » que l’on doit former après s’être détaché du « moi »

Verset 25 Sourate 5 « Al Maida » :

Il dit: « Seigneur ! Je n'ai de pouvoir, vraiment, que sur moi-même et sur mon frère, sépare-nous donc de ce peuple pervers.»

C’est cet ensemble constitué de son âme et de celle de son frère qui forme ce « nous » qui peut les amener vers la Vision de Dieu.

La Révélation se fait souvent à travers le « nous » (« Nous avons révélé… » etc.). En rentrant dans ce « nous », nous disparaissons pour pouvoir arriver à Lui.

Après cela, Cheikh Jamel Tahiri revient sur le sujet de la vie et de la mort dans le Coran qu’il illustre par plusieurs versets coraniques en commençant par le 122ème de la sourate 6 « Al Anaam »

« Est-ce que celui qui était mort et que Nous avons ramené à la vie et à qui Nous avons assigné une Lumière grâce à laquelle il marche parmi les gens, est pareil à celui qui est dans les ténèbres sans pouvoir en sortir ? Ainsi on a enjolivé aux mécréants ce qu'ils œuvrent.»

Comme cheikh l’a déjà évoqué dans sa précédente analyse, le verset précise que Dieu crée, d’abord la mort ensuite la vie. La vie de l’Au-Delà commence ainsi maintenant.

Il évoque ensuite, le verset 27 de la sourate 3 « Al Imran » :

« Tu fais pénétrer la nuit dans le jour, et Tu fais pénétrer le jour dans la nuit, et Tu fais sortir le vivant du mort, et Tu fais sortir le mort du vivant. Et Tu accordes attribution à qui Tu veux, sans compter. »

À quelle vie Dieu nous appelle-t-Il  et de quelle mort parle-t-Il ? S’agit-il de la mort physique, celle des corps, ou est-ce autre chose ?

À travers ces versets, nous comprenons que Dieu nous appelle à une toute autre vie que la vie corporelle, celle de l’éternité.

Dieu nous invite à comprendre que la vie véritable est celle du cœur, la vie spirituelle, la vie de la foi.

Ressusciter veut dire ressusciter aujourd’hui, car si nous pensons que la vie n’est pas vraiment celle-là, mais plutôt la vie du corps, alors nous passons par une rupture, tandis que l’expérience des Prophètes (p) et des saints Imams (p) montre qu’ils étaient des Témoins vivants de cette vie éternelle qu’ils ont vécue parmi les gens.

C’est à cette vie qu’ils nous appellent, cette vie qui est la prolongation de quelque chose et qui va nous rapprocher de la connaissance de Dieu et du But de la création.

Cheikh Jamel Tahiri  termine son analyse par un dernier verset afin d’illustrer sa réflexion, le verset 259 de la sourate 2 « Al Baqara » faisant référence au Prophète Ozeir (p), également à la recherche de Dieu.

« Ou comme celui qui passait par un village désert et dévasté: Comment Dieu va-t-Il redonner la vie à celui-ci après sa mort ? » dit-il.

Dieu le fit donc mourir et le garda ainsi pendant cent ans. Puis, Il le ressuscita en disant: « Combien de temps as-tu demeuré ainsi ? » -« Je suis resté un jour, dit l'autre, ou une partie d'une journée. » -« Non, dit Dieu, tu es resté cent ans. Regarde donc ta nourriture et ta boisson, rien ne s'est gâté; mais regarde ton âne... Et pour faire de toi un signe pour les gens, et regarde ces ossements, comment Nous les assemblons et les revêtons de chair. » Et devant l'évidence, il dit: « Je sais que Dieu est Omnipotent. »

Dieu a fait mourir Ozeir à sa demande et lui a fait vivre cette expérience afin qu’il comprenne l’éternité de cette vie à laquelle Dieu appelle tous les croyants.

Cheikh Jamel conclut en nous expliquant que nous pouvons penser qu’il y a une rupture entre notre foi et notre vie en société, sauf si nous sommes dans une démarche de quête spirituelle. Dans ce cas nous devenons des Témoins, la vie coule dans nos veines et fait de nous des vivants.

Quand nous parlons avec la vie, nous transmettons la vie avec la Parole pour vivifier.

Cheikh conclut avec la question de comment devons-nous agir pour que dans notre adoration quotidienne, le « nous » devienne une expérience vivante ?