Dans cette nouvelle analyse, Cheikh Jamel Tahiri revient sur les sujets abordés lors de la dernière analyse à savoir le nombre premier 19 et le « salam ».

19, ce chiffre a une particularité avec le Coran et prouve qu’il n’est pas humain et n’est pas le fruit d’un hasard. Il revient également sur le terme « salam », la paix. Qu’est-ce que la paix ?

Au-delà de sa dimension extérieure, elle a une dimension intérieure. En effet, l’homme est en perpétuelle conflit avec lui-même. L’homme vit avec deux réalités, la réalité du corps matériel et la réalité de l’âme ou de l’esprit.

Tant qu’il n’a pas compris la mission des deux, il est en conflit et vit ce conflit de manière perpétuelle en lui alors qu’il peut paraître vivre dans le bonheur.

Lorsque l’on est en paix avec soi-même, nous pouvons sereinement transmettre le message à tout le monde en général et construire ce monde.
C’est parce que l’homme vit un conflit à l’intérieur de lui qu’il finit par les extérioriser et mener les hommes dans la division et la désunion.

L’Islam, les religions, les Prophètes sont venus pour une démarche de recherche, de quête vers Dieu.

Dans l’islam, et ceci est valable pour toutes les religions, nous étudions dans le cadre des études religieuses les récits et le Coran en nous basant sur la vie et l’opinion des savants qui nous ont précédés. Or, nos Imams nous enseignent d’être dans une démarche de recherche perpétuelle et d’évolution.

L’une des différences entre l’école chiite et l’école sunnite est que pour nos frères sunnites, il n’y a pas « d’Ijtihad », que l’on peut traduire par l’effort pour que l’idée soit appréciée en fonction du lieu et du temps. Les chiites ont également enfermé cette porte en prenant pour argent comptant ce qu’ont laissé les savants et en ne les remettant plus en question. En réalité, cette démarche de l’effort dans la recherche est coranique à travers la notion de « Oummi », traduit par vierge, par pureté, par impartial, parce que l’on ne s’est basé sur des choses apprises et acquises. Oummi est basée sur une science innée, une science vierge de toutes choses qui vendraient perturber la réflexion.

À partir de là, Cheikh Jamel Tahiri nous amène vers le voyage des 5 sens du cœur.

Dieu nous a donné 5 sens qui nous permettent d’aborder et comprendre le monde. Ces 5 sens sont gouvernés par l’intellect.

Il est à noter que les études scientifiques sont arrivées à la conclusion que notre manière d’aborder les choses à travers les 5 sens de l’intellect est peut-être fausse.

Physiquement parlant, nos 5 sens ont des limites. Nous avons de ce fait une vision du monde que partielle.

Qu’en est-il du monde spirituel ?

Versets 17 et 18 de la sourate n°2 « La génisse » :

« Ils ressemblent à quelqu'un qui a allumé un feu ; puis quand le feu a illuminé tout à l'entour, Allah a fait disparaître leur lumière et les a abandonnés dans les ténèbres où ils ne voient plus rien. Sourds, muets, aveugles, ils ne peuvent donc pas revenir (de leur égarement). »

Ces versets définissent les gens qui se sont égarés, qui ne comprennent pas et qui ne peuvent pas aller à la connaissance de Dieu.

Ils parlent de la réalité de l’âme et du cœur. L’âme apprécie les choses selon les 5 sens spirituels. Quand Dieu dit qu’ils sont sourds, muets et aveugles, Il nous parle de la réalité du cœur.

Dans une analyse, on avait qu’il y avait une différence entre la raison spirituelle et la raison intellectuelle. Si nous emprisonnons le cœur à travers l’intellect ou que l’intellect emprisonne le cœur et la réflexion du cœur alors nous n’avons plus les moyens de découvrir plus que ce que les sens physiques peuvent nous faire découvrir alors que Dieu nous appelle à beaucoup plus. Il nous appelle à nous libérer des sens physiques, c’est-à-dire que ce n’est pas les 5 sens physiques qui doivent être les maîtres de notre vie mais les 5 sens spirituels.

Lorsque nous avons fait reprendre le pouvoir aux 5 sens spirituels alors l’homme retrouve la paix, le « salam ». Il n’y a plus de confits mais il y a alors une harmonie entre les êtres que composent l’homme.

« Ne méditent-ils pas sur le Coran ? Où y a-t-il des cadenas sur leurs cœurs ? » [Coran, 47/24].

Ce verset nous appelle à la réflexion et à la méditation. Ce verset est adressé à tout monde.

Méditer le coran est le faire au début avec l’intellect. Ensuite, c’est avec les 5 sens du cœur que nous devons rechercher dans le Coran et être en quête de Dieu. C’est à travers de ces 5 sens que nous allons aborder les choses avec la méthode divine.

Ce sont les sens du cœur qui doivent être en action. Ceci est un préambule pour ceux qui réfléchissent avec le cœur.